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Month: February 2026

Février 2026 Montage/écriture/modification/diffusion/analyse

Posted on 2026/02/20 - 2026/05/18 by gg-yellowvest

Le titre « Revolution 2023 » a été choisis alors que nous étions encore en 2023, dénotant l’enthousiasme d’être rattrapé par une autre vague. Ce titre déploie le visé du projet : approfondir la perspective révolutionnaire, le rôle des mouvements sociaux et le sens de l’organisation collective pour en transformer les trajectoires. Le titre a produit un malentendu littéral parce qu’il n’y a pas eu de révolution en 2023, donc on part sur « Revolution 2023 » C’est le même titre mais « Revolution » est barré, le titre montre tjrs que c’est ce qu’on cherchait dans cette année et ce que nous poursuivons encore après le bilan de la séquence.

Une trentaine de petites corrections de la voix off seront effectuées, avec quelques reformulations. « La mère de Nahel », « Mounia », prononcé son prénom. « Mike Ben Peter », tué par la police en Suisse, prononcé son prénom aussi. Serge, sort du Coma « après quelques mois », sera corrigé à « 1 mois »… Il y a une dizaine d’autre modifs du genre… Amélioration du sound design, mixage voix-off, musique… Le collectif de réalisation prend une pause d’au moins six mois. Ce texte-bilan a pour but d’approfondir les critiques, récolter le maximum de modifications et s’apprêter à une version définitive.

Quel est le rapport à la justice dans les émeutes de Nahel ? Les émeutiers ont attaqué diverses cibles que représente la justice : tribunaux, prison, maison de maton, comico, policiers. Les émeutiers n’ont pas sollicité les mêmes institutions qu’ils attaquent pour qu’ils leurs soient rendu justice. Le mouvement n’a pas fait appelle à la justice qui blanchie les meurtres policiers, la justice qui réprime le mouvement dont les émeutiers font partie. Un sujet à développer parce que ça démontre une conscience de classe, de l’organisation basée sur l’attaque en rupture avec la gauche réformiste pro justice de l’état.

  • A St-Soline la police a presque tué.
  • Des GJ invente un rituel pour rendre hommage à un décès du mouvement GJ en plein mouvement des retraites.
  • Les émeutes de Nahel sont une réponse à la mort qu’inflige l’état et le refus d’une vie de misère. Toutes les plus grosses têtes brulées des quartiers chauds sont sorties attaquer l’état pour se venger.

Ses scènes font de « la mort » et « la vie » des sujets philosophique/politique du film. Comment la narration prend compte de ça ? Une scène a été ajoutée pour rendre hommage au décès pendant les émeutes : « Mohamed Bendriss, le cousin d’Abdelkarim est tué par le raid, d’un lâche tir de flashball dans le dos. En Guyane, Carl Tarade est tué par une balle perdue, tirée par un émeutier en direction des forces de l’ordre. A Petit-Quevilly, Mathéo chute du Toit d’un commerce. C’est triste, il est impossible de passer à coter de ces tragédies. La vie de chacun est un enjeu collectif, il est essentiel de se détacher des institutions qui l‘exploitent. Ensemble, dans la lutte, on prend des risques et l’organisation collective destine à les minimiser. Dans les mouvements il existe des moments d’attention collective très puissante. L’expérience des mouvements précédents permet de partager autour de soi des stratégies, des tactiques et des pratiques aptes à renforcer nos défenses et assurer nos attaques. » Le but de cette scène est de dire que nos morts, comme nos vies, nous appartiennent. Elles appartiennent au mouvement qui vise à détruire l’état et le capitalisme pour que la vie et la mort arrête d’être des sujets sur lesquelles le capital se reproduit. Ce n’est pas juste un délire poétique, en rajoutant cette scène le film retombe sur ses pieds, s’organiser contre une vie qui n’est que l’éternelle conjuration de la mort.

Blocage économique et mobilisation sociale : Une relecture des modalités de 2023. Le 10 septembre 2023 marque un tournant dans le cycle de révolte sociale, de l’abandon du mot d’ordre de la grève générale aux piquets dits volants. Le 10s2025 le blocage était le menu du jour et cet évènement donne une relecture nouvelle des blocages de 2023.

Le point de vue porté par le film dans les analyses de la séquence de blocages des éboueurs, est qu’il est légitime que ses blocages soient organisés depuis l’extérieur du lieu de travail, organisé à l’intérieur du mouvement. Dépasser le fétichisme de l’ouvrier « concerné » qui doit lui-même décider du sort du blocage de son lieu de travail, tout seul ? ou en collectif de travailleurs non existant ? les gens se réfère à une idée morale plus que matériel qui finalement pousse à ce qui ne se passe rien. Le film présente une vision plus « rapport de force » où le blocage peut-être imposer par des volontés du mouvement. En général, ce rapport politique au blocage n’est pas contesté par le public. Mais des critiques surviennent sur les exemples dans le film : Les lycéens, qui ont organisé un blocage du dépôt de bus, qui en théorie permette au conducteur de bus d’aller bloquer autre chose est fallacieuse, les conducteurs sont restés passif et n’ont rien fait ! Il n’y a que finalement, les lycéens qui ont le bon rôle du film et qui proactivement dépassent les encadrements. Dans le secteur des éboueurs, des nouveaux se mettent en grève grâce au blocage, et il y a quelques échanges qui permette des dépassements. Mais le film idéalise cette profusion. Trouver l’équilibre entre un message positif pour motiver tout en restant fidèle à la réalité des actions, qui n’ont pas toujours, ou pas du tout, l’impact attendu sur l’économie.

Des spectateurs disent que le traitement du mouvement des retraites et des émeutes de Nahel ne devrait pas faire un même film, ça devrait être deux films distincts. C’est un retour que nous avions fréquemment, mais à force de diffuser le film avec des notes d’intentions oral, les débats ont moins penché sur des logiques séparatistes.

Des spectateurs pointent un rapport de classe différent entre les deux séquences. Plusieurs textes de artifices.blog et sanstrêve.org consacrées aux émeutes de l’été 2023 et aux débats sur la « classe moyenne » renforce des spectateurs à sociologiser les luttes sociales en usant de jargon universitaire. Mais nous pensons que ses analyses poussent les militants à nourrir des débats internes déconnectés des pratiques réelles des mouvements. L’axe sociologique : il se passe quelque chose de pas rejoignable parce que la société est séparée, donc ils nous proposent d’étudier et renforcer les séparations plutôt que des quérir et mettre en valeurs l’effritements des séparations… L’apparente discontinuité est justement pourquoi il faut penser les deux séquences ensemble. A travers la question du temps, ce qui arrive après prolonge ce qui précède, les séquences sont nourries d’une dynamique d’entraînement, on rejoint un mouvement parce que d’autres le rejoignent. On peut imaginer, par exemple, que des femmes de ménage manifestent pour la première fois dans le mouv des retraites au début du film, puis elles voient leurs enfants manifester à la fin dans la séquense Nahel. La séparation n’est donc pas raciale : elle peut être générationnelle, géographique, sociale, lié aux réseaux sociaux, liée aux amitiés ou à des circonstances pas toutes catégorisables.

Le phénomène de “bande” est central pour comprendre la séquence des émeutes. Ça explique la forte présence de jeunes, pas encore atomisés par la compétition scolaire ou professionnelle, l’entrée dans le marché du travail qui fragmente les liens. Malgré la gentrification, les déplacements forcés et la relocalisation d’habitants : grâce à Snapchat et des réseaux informels, des amitiés et des solidarités se constitue autour de quartier de banlieue pour mener des actions. Le sujet du film n’est donc pas : Comment la société est-elle séparée mais comment y a-t-il la dynamique de rejoingabilité dans les mouvements et comment ça affecte les transformations au sein du mouvements.

« Bien que la révolte qui suit, n’arrive que quelques semaines après l’expulsion de la maison du peuple du 1er mai. Cette nouvelle séquence est belle et bien séparer des formes schématiques de mouvement sociaux à la française, elle s’inscrit plutôt dans la lignée de révolte de Detroit à Londres, en passant par Los Angeles et Vaux-en-velin. »

Au début du film, il y a une analyse du schéma d’intégration des mouvements sociaux a l’électoralisme, de 1936, 1968, 1995. Les émeutes de Nahel sont en effet séparées de l’histoire qui structure les mouvements sociaux à la française (ce qui est une bonne chose), mais elles ne sont pas pour autant séparées du réel. La narration l’inscrit dans une autre histoire, lié à la lutte des classes à l’échelle mondiale. Ses séquences historiques sont systématiquement déclenchées par un meurtre policier raciste, amenant le soulèvement à attaquer l’économie et l’état. Un des enjeux de la narration du film est d’imprégner l’analyse de 2023 à une histoire mondiale plus large, les émeutes de Nahel ne sont pas sorties de vide, elles ne sont pas une anomalie ou un spectacle, c’est un mouvement, avec celui des GJ notamment, à partir desquels on va penser les prochains soulèvements en France. « De la flamme des banlieues a l’embrasement généralisé, le renforcement de notre classe passera par la radicalisation de la révolte. »

Dans la répression du mouvement écologique à Sainte-Soline, la logique punitive va au-delà de l’instant présent : Elle vise ce qui menace le système capitaliste et productiviste. Elle a pour but de casser l’élan du mouvement écolo radical qui est de plus en plus rejoins depuis quelques année. Elle sert à venger la quantité de folle de flics blessés durant les nocturnes qui dépasse le mouvement des retraites. La répression n’est pas ponctuelle mais un mécanisme continu qui vise à imposer un ordre global. Les choses ne se réduisent pas à l’endroit où elles se trouvent, elles expriment un rapport historique, donc un rapport de classe. C’est avec cette même lecture de classe que nous pouvons aussi analyser la révolte consécutive à la mort de Nahel, la répression de cette séquence vise à maintenir un contrôle sur l’ensemble de la population.

Il y a un besoin de réécriture de la séquence de St-Soline : La critique : s’allier avec la gauche dilue l’autonomie au sein du courant majoritaire de gauche -> Perte de confiance : ces alliances sont perçues comme des compromis opportunistes qui trahissent, affaiblissent la crédibilité. En s’intégrant dans le courant dominant, on perd la capacité de définir d’autres agenda et priorités. Nos ressources servent à un projet intégratif plutôt que des objectifs de lutte auto organisé en rupture avec celui qu’on combat. Le mécanisme d’intégration à la gauche détourne nos forces vers un combat qui n’est pas le nôtre : celui de la reconstitution d’un autre État démocratique. On a dit ça avec d’autres mots, dans un ton trop intello, notre but c’est d’être compris, donc on va retravailler ça. Le but de ce passage est de démontrer que la cohérence renforce la confiance. Ne pas être compris, alors qu’on parle de cohérence, c’est le comble…

Nouvelle scène de fin : clôture du film sur l’internationalisme, la contagion/la concordance des soulèvements. Le film comporte peu de références à l’international, contrairement au film précédent sur les Gilets Jaunes. La nouvelle fin replace l’objectif : l’abolition des frontières, la révolution internationale, qui passera par la concordance des mouvements sociaux — hypothèse énoncée au début du film — selon laquelle c’est dans le mouvement que se pose la question de la révolution.

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